Proposition d’Action Spécifique
co-financée CNRS-STIC et GET
Systèmes répartis et
réseaux adaptatifs au contexte (“Context-aware”)
Emanant des RTP5 (Systèmes
répartis) et RTP1 (Réseaux de communication)
Porteurs : Isabelle Demeure
(GET-ENST, RTP5) et Andrzej Duda (CNRS, RTP1)
Juin 2003
1. Introduction
Les systèmes « sensibles au
contexte » ou « adaptatifs au
contexte » (context-aware
computing en anglais), sont des systèmes qui peuvent
découvrir et utiliser des informations contextuelles telles que
la localisation de l’utilisateur, la date et l’heure, la
proximité d’autres utilisateurs et d’autres dispositifs
informatiques, les possibilités de connexion à un ou
plusieurs réseaux, la bande passante réseau disponible, le
niveau de bruit ambiant, etc.
La « sensibilité au contexte » est un
concept qui a pris un nouvel essor avec le développement de
l’informatique nomade. L’intérêt s’est accru avec le
développement de l’informatique pervasive ou diffuse (pervasive
or ubiquitous computing) dans laquelle un usager peut utiliser les
services de dispositifs informatiques présents dans son
environnement sans que ceux-ci soient visibles.
La sensibilité au contexte suppose tout d’abord le choix d’un
modèle de contexte ainsi que de l’ensemble des dispositifs
capteurs nécessaires pour acquérir les informations de
contexte. Il faut ensuite disposer d’un environnement d’exécution
qui permette d’utiliser les informations contextuelles pour adapter le
traitement au contexte. L’élaboration et la mise en œuvre d’une
tel environnement s’appuient sur de multiples savoir-faire en
particulier dans le domaine de la gestion dynamique de la qualité
de service et des ressources réseaux et systèmes, des
solutions intergicielles (middleware) configurables, adaptables et
interopérables.
L’objet de l’action spécifique (AS) « systèmes
répartis adaptatifs au contexte » est d’identifier les
dimensions du problème introduit par la sensibilité au
contexte, de caractériser les actions de recherche majeures qui
en découlent et d’initier une coopération scientifique
entre plusieurs équipes de recherche sur un petit nombre de ces
actions. Il nous semble particulièrement intéressant de
privilégier un double éclairage réseaux et
systèmes répartis d’où la proposition de faire
appel aux compétences croisées des RTP réseaux et
systèmes répartis.
La suite de ce document est organisée comme suit. La partie 2
fixe les objectifs de l’AS « systèmes répartis
adaptatifs au contexte ». La partie 3 propose
une liste d’équipes susceptibles de participer
à cette AS. La partie 4 propose un programme de travail de l’AS
et la partie 5 propose un budget pour la mise en œuvre de ce programme.
2. Contours de l'AS
On peut distinguer 4 catégories d’informations de contexte :
- celles relatives au contexte de traitement, telles que les
caractéristiques des équipements utilisés
(processeur, mémoire, interfaces réseaux,
équipements périphériques), l’environnement
logiciel (système d’exploitation, machine virtuelle, IHM), la
connectivité réseaux, les coût de communication, la
bande passante réseaux, le niveau de batterie du terminal, la
présence dans l’environnement d’équipements tels que des
imprimantes et des écrans.
- celles relatives à l’utilisateur, telles que son profil,
sa localisation, son activité courante (loisir, travail), la
proximité d’autres utilisateurs.
- le contexte « physique » comme les
conditions climatiques (pluie, orage), le niveau de bruit ambiant, les
conditions de circulation, la température.
- les informations temporelles telles que la date, l’heure, des
informations d’historique d’activité.
L’acquisition des informations de contexte peut nécessiter
l’utilisation soit de capteurs simples (ex : thermomètre
digital), soit de sondes gérées par les gestionnaires de
ressources (ex : niveau de batterie d’un équipement
terminal), voire d’outils de supervision et de métrologie
sophistiqués (évaluation de la charge et des conditions de
trafic réseaux et de leur évolution dans le temps).
L’adaptation au contexte peut être faite à l’ouverture
d’une session et pour toute la durée de celle-ci et/ou
dynamiquement en cours de session. L’adaptation peut demander la
coopération de l’utilisateur (choix, préférences),
de l’application et des gestionnaires de ressources réseaux et
systèmes (systèmes d’exploitation, plate-forme logicielle
et réseaux).
Cette problématique d'adaptation est considérée
aujourd'hui, de manière indépendante, par plusieurs
communautés :
- la communauté « système »
considère que, l'utilisateur n'ayant pas prise sur le
comportement du réseau, le logiciel (de niveau système
d'exploitation ou intergicel) doit adapter son comportement au contexte
actuel du réseau ou du terminal, par exemple en
répartissant dynamiquement les tâches applicatives entre le
terminal et un serveur fixe, ou en déportant des filtres à
la source (sur les serveurs) au moyen du code mobile ;
- la communauté « équipementier de
réseaux » considère que, le fournisseur de
services n'ayant pas prise sur la demande globale des utilisateurs (par
exemple, nombre de sessions simultanées de vidéo à
la demande), le coeur du réseau doit s'adapter dynamiquement
à la demande, par allocation des ressources nécessaires -
cette tendance au "self-provisioning" est suivie notamment par CISCO,
Nortel, Telcordia , Alcatel et l'IETF (groupe de travail Zeroconf)
;
- entre ces deux approches, la communauté de recherche
« réseaux actifs » préconise
l'utilisation de la technique active sur les routeurs de bordure et sur
les terminaux mobiles.
Il est clair que ces différentes visions ne sont pas
contradictoires mais complémentaires. Ainsi, malgré
tous les efforts du coeur de réseau pour satisfaire globalement
la demande des utilisateurs, il existera toujours des cas où, en
période de saturation, une forme de dégradation devra
être mise en oeuvre, probablement avec la participation du
logiciel côté terminal, voire de l'utilisateur
lui-même (choix entre différents modes de
dégradation par exemple). Par ailleurs, certains changements de
contexte échappent au contrôle du réseau (par
exemple, lorsque la batterie du terminal mobile est presque
épuisée, le côté terminal lui-même peut
demander une dégradation de la qualité afin de pouvoir
poursuivre la session applicative de façon plus économique
en énergie). Enfin, la problématique du « handover
vertical » (choix dynamique de l'interface réseau
appropriée, par exemple WiFi ou GPRS) concerne à la fois
les domaines du logiciel sur le terminal et de la fourniture de
services).
Le but général de l'AS est de faire se rencontrer ces
différentes communautés afin de confronter les visions,
d'échanger les savoir-faire et de déterminer les points de
coopération entre le « terminal » et le «
réseau » au sens large. Cette AS pourra ainsi
prolonger les travaux réalisés dans d'autres AS, notamment
l'AS 17 (Réseaux Mobiles / Mobilité), l'AS 18
(Nomadicité / Mobilité), l'AS 19 (Accès aux
données / Mobilité), l'AS 47 (Réseau actif :
Fondement et applications), et dans des projets européens (ITEA
AMBIENCE, ReX FP5 ANWIRE).
3. Objectifs de l'AS
L’objectif de l’AS « systèmes répartis et
réseaux adaptatifs au contexte » est double :
- Synthèse : réaliser un
important travail de synthèse afin d’identifier les contours et
les thématiques de recherche importantes à explorer dans
le domaine de « systèmes répartis adaptatifs au
contexte ». Plus concrètement, l’objectif est de
rédiger un document collectif de référence sur le
domaine considéré. Au-delà de son utilisation au
sein du département STIC, ce document aura vocation à
être publié dans un journal international et pourra servir
de base pour la mise en place de tutoriaux (formations 3ème
cycle, conférences …) ;
- Recherche
: cibler
quelques actions de recherche pour lesquelles un sous-ensemble des
membres de l’AS souhaite initier une coopération de recherche.
Elles ont vocation à être poursuivies au-delà de la
durée de vie de l’AS (1 an ).
4. Equipes participantes
Les équipes déjà contactées de cette AS
sont :
- Equipe « systèmes répartis »
du GET-INT (UMR 5157), représentée par Guy Bernard
(également membre du RTP5)
- Equipe « architectures et systèmes pour le
temps réel et la répartition » du GET-ENST (URA
820), représentée par Isabelle Demeure (également
membre du RTP5)
- Equipe réseaux du GET-INT (UMR 5157),
représentée par Gérard Hébuterne
(co-animateur du RTP1)
- Equipe « Réseaux et protocoles » du
Laboratoire LSIIT, Université Louis Pasteur de Strasbourg (UMR
7005), representée par Thomas Noël (également membre
du RTP1)
- Laboratoire LSR (Logiciels Systèmes
Réseaux) - IMAG représenté par Andrzej Duda
(également membre du RTP1)
- Laboratoire L2TI, Université Paris 13,
représenté par Ken Chen (également membre du RTP1)
5. Programme de travail
Nous proposons :
- 5 réunions plénières pour garantir un bon
suivi des travaux (T0, T0+3, T0+6, T0+9, T0+12).
- Chaque action de recherche fera l’objet de réunions
séparées dont la fréquence sera guidée par
les besoins de recherche. Chaque action sera animée par une
personne désignée au démarrage de l’AS.
- Un canevas du document de synthèse sera
réalisé à T0+3 et finalisé à T0+12.
- Un colloque sera organisé à T0+12 pour
présenter les résultats de l’AS, aussi bien à des
représentants du département STIC qu’aux chercheurs des
communautés concernées.